Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente, sous l'ombre, une forme imperceptible qui rampe.

XXI. Spes

Spes – Les références

Les contemplationsLivre sixième : Au bord de l’infini ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor HugoPoésie II, p 515.

Spes – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Spes, un poème du Livre sixième – Au bord de l’infini, des Contemplations, de Victor Hugo.
Il est précédé de XX. Relligio et suivi de XXII. Ce que c’est que la mort.

Spes


Spes – Le texte

XXI
Spes


De partout, de l’abîme où n’est pas Jéhovah,
Jusqu’au zénith, plafond où l’espérance va
Se casser l’aile et d’où redescend la prière,
En bas, en haut, au fond, en avant, en arrière,
L’énorme obscurité qu’agitent tous les vents,
Enveloppe, linceul, les morts et les vivants,
Et sur le monstrueux, sur l’impur, sur l’horrible,
Laisse tomber les pans de son rideau terrible ;
Si l’on parle à la brume effrayante qui fuit,
L’immensité dit : Mort ! L’éternité dit : Nuit !
L’âme, sans lire un mot, feuillette un noir registre ;
L’univers tout entier est un géant sinistre ;
L’aveugle est d’autant plus affreux qu’il est plus grand ;
Tout semble le chevet d’un immense mourant ;
Tout est l’ombre. Pareille au reflet d’une lampe,
Au fond, une lueur imperceptible rampe ;
C’est à peine un coin blanc, pas même une rougeur.
Un seul homme debout, qu’ils nomment le songeur,
Regarde la clarté du haut de la colline ;
Et tout, hormis le coq à la voix sibylline,
Raille et nie ; et, passants confus, marcheurs nombreux,
Toute la foule éclate en rires ténébreux
Quand ce vivant, qui n’a d’autre signe lui-même
Parmi tous ces fronts noirs que d’être le front blême,
Dit en montrant ce point vague et lointain qui luit :
Cette blancheur est plus que toute cette nuit !

Janvier 1856

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *