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Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente la campagne, avec un village, et une tour au premier plan. Une ombre étrange apparaît dans le coin supérieur droit.

XVII. À un visiteur parisien

À un visiteur parisien – Les références

Les Chansons des rues et des boisLivre premier : JeunesseVI. L’Éternel Petit Roman ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie II, p 958.

À un visiteur parisien – L’enregistrement

Je vous invite à écouter À un visiteur parisien, poème du recueil Les Chansons des rues et des bois, du Livre premier : Jeunesse, VI. L’Éternel Petit Roman, de Victor Hugo.
Il est précédé de XVI. Les trop heureux, et suivi de XVIII. Dénonciation de l’esprit des bois.

À un visiteur parisien


À un visiteur parisien – Le texte

XVII
À un visiteur parisien

Domremy, 182..


Moi, que je sois royaliste !
C’est à peu près comme si
Le ciel devait rester triste
Quand l’aube a dit : Me voici !

Un roi, c’est un homme équestre,
Personnage à numéro,
En marge duquel de Maistre
Écrit : Roi, lisez : Bourreau.

Je n y crois plus. Est-ce un crime
Que d’avoir, par ma cloison,
Vu ce point du jour sublime,
Le lever de la raison !

J’étais jadis à l’école
Chez ce pédant, le Passé ;
J’ai rompu cette bricole ;
J’épelle un autre A B C.

Mon livre, ô fils de Lutèce,
C’est la nature, alphabet
Où le lys n’est point altesse,
Où l’arbre n’est point gibet.

Maintenant, je te l’avoue,
Je ne crois qu’au droit divin
Du cœur, de l’enfant qui joue,
Du franc rire et du bon vin.

Puisque tu me fais visite
Sous mon chaume, à Domremy,
À toi le grec, moi le scythe,
J’ouvre mon âme à demi…

Pas tout à fait. — La feuillée
Doit voiler le carrefour,
Et la porte entre-bâillée
Convient au timide amour.

J’aime, en ces bois que j’habite,
L’aurore ; et j’ai dans mon trou
Pour pareil, le cénobite,
Pour contraire, le hibou.

Une femme me fascine ;
Comme Properce, j’entends
Une flûte tibicine
Dans les branches du printemps.

J’ai pour jeu la poésie ;
J’ai pour torture un minois,
Vieux style, et la jalousie,
Ce casse-tête chinois.

Je suis fou d’une charmeuse,
De Paris venue ici,
Dont les saules de la Meuse
Sont tous amoureux aussi.

Je l’ai suivie en Sologne,
Je la suis à Vaucouleurs.
Mon cœur rit, ma raison grogne,
Et me voilà dans les fleurs.

Je l’ai nommée Euryanthe.
J’en perds l’âme et l’appétit.
Circonstance atténuante :
Elle a le pied très petit.

Plains-moi. Telle est ma blessure.
Cela dit, amusons-nous.
Oublions tout, la censure,
Rome, et l’abbé Frayssinous.

Cours les bals, danse aux kermesses.
Les filles ont de la foi ;
Fais-toi tenir les promesses
Qu’elles m’ont faites à moi.

Ris, savoure, aime, déguste,
Et, libres, narguons un peu
Le roi, ce faux nez auguste
Que le prêtre met à Dieu.

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente une tour crénelée adossée à une forteresse et surmontée d'un ciel dont "l'ardent refrain flamboie".

VI. Hilaritas

Hilaritas – Les références

Les Chansons des rues et des boisLivre premier : JeunesseII. Les Complications de l’idéal ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie II, p 867.

Hilaritas – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Hilaritas, poème du Livre premier : Jeunesse, II. Les Complications de l’idéal, du recueil Les Chansons des rues et des bois, de Victor Hugo.

Hilaritas


Hilaritas – Le texte

VI
Hilaritas


Chantez ; l’ardent refrain flamboie ;
Jurez même, noble ou vilain !
Le chant est un verre de joie
Dont le juron est le trop-plein.

L’homme est heureux sous la tonnelle
Quand il a bien empaqueté
Son rhumatisme de flanelle
Et sa sagesse de gaîté.

Le rire est notre meilleure aile ;
Il nous soutient quand nous tombons.
Le philosophe indulgent mêle
Les hommes gais aux hommes bons.

Un mot gai suffit pour abattre
Ton fier courroux, ô grand Caton.
L’histoire amnistie Henri quatre
Protégé par Jarnicoton.

Soyons joyeux. Dieu le désire.
La joie aux hommes attendris
Montre ses dents, et semble dire :
Moi qui pourrais mordre, je ris.

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente un bras, une épaule recouverte de sa manche, qui émerge d'un lit. On croit voir un œil de dragon en haut à droite.

VI. À Jeanne

À Jeanne – Les références

Les Chansons des rues et des boisLivre premier : JeunesseIII. Pour Jeanne seule ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie II, p 890.

À Jeanne – L’enregistrement

Je vous invite à écouter À Jeanne, poème du Livre premier : Jeunesse, III. Pour Jeanne seule, du recueil Les Chansons des rues et des bois, de Victor Hugo.

À Jeanne


À Jeanne – Le texte

VI
À Jeanne


Ces lieux sont purs ; tu les complètes.
Ce bois, loin des sentiers battus,
Semble avoir fait des violettes,
Jeanne, avec toutes tes vertus.

L’aurore ressemble à ton âge ;
Jeanne, il existe sous les cieux
On ne sait quel doux voisinage
Des bons cœurs avec les beaux lieux.

Tout ce vallon est une fête
Qui t’offre son humble bonheur ;
C’est un nimbe autour de ta tête ;
C’est un éden en ton honneur.

Tout ce qui t’approche désire
Se faire regarder par toi,
Sachant que ta chanson, ton rire,
Et ton front, sont de bonne foi.

Ô Jeanne, ta douceur est telle
Qu’en errant dans ces bois bénis,
Elle fait dresser devant elle
Les petites têtes des nids.

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente un village entouré de fumées. Sur sa terre est inscrit : "VICTOR HUGO". "Quand la terre est embaumée, Le cœur de l'homme est meilleur."

XXIII. Après l’hiver

Après l’hiver – Les références

Les ContemplationsLivre deuxième : L’Âme en fleur ;
Collection Bouquins chez Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie II, p 319.

Après l’hiver – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Après l’hiver, un poème du recueil Les Contemplations, L’Âme en fleur, de Victor Hugo.
Il est précédé de XXII. Aimons toujours ! aimons encore !… et suivi de XXIV. Que le sort, quel qu’il soit….

Après l’hiver


Après l’hiver – Le texte

XXIII
Après l’hiver


Tout revit, ma bien-aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le cœur de l’homme est meilleur.

En haut, d’où l’amour ruisselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l’astre et la fleur.

L’hiver fuit, saison d’alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l’âpre sève des larmes
Coule, et du cœur monte aux yeux.

Ô douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l’abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l’oiseau qui va chanter.

L’aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.

On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit, les astres bruire,
Et les abeilles, le jour.

Et partout nos regards lisent,
Et, dans l’herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
« Les aimants sont les bénis ! »

L’air enivre ; tu reposes
À mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos cœurs !

Comme l’aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.

La nature, sœur jumelle
D’Ève et d’Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.

Il suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t’adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l’ombre nous les rend !

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos cœurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu’un souci t’oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J’ai l’étoile pour maîtresse,
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

Juin 18..

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente une grève battue par les flots, près d'une forme sombre.

VII. Pour l’erreur, éclairer…

Pour l’erreur, éclairer… – Les références

Les contemplationsLivre cinquième : En marche ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor HugoPoésie II, p 438.

Pour l’erreur, éclairer… – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Pour l’erreur, éclairer…, un poème des Contemplations, En marche, de Victor Hugo.
Il est précédé de VI. À vous qui êtes là et suivi de VIII. À Jules J..

Pour l’erreur, éclairer…


Pour l’erreur, éclairer… – Le texte

VII

Pour l’erreur, éclairer, c’est apostasier.
Aujourd’hui ne naît pas impunément d’hier.
L’aube sort de la nuit, qui la déclare ingrate.
Anitus criait : « Mort à l’apostat Socrate ! »
Caïphe disait : « Mort au renégat Jésus ! »
Courbant son front pendant que l’on crache dessus,
Galilée, apostat à la terre immobile,
Songe et la sent frémir sous son genou débile.
Destin ! sinistre éclat de rire ! En vérité,
J’admire, ô cieux profonds ! que ç’ait toujours été
La volonté de Dieu qu’en ce monde où nous sommes
On donnât sa pensée et son labeur aux hommes,
Ses entrailles, ses jours et ses nuits, sa sueur,
Son sommeil, ce qu’on a dans les yeux de lueur,
Et son cœur et son âme, et tout ce qu’on en tire,
Sans reculer devant n’importe quel martyre,
Et qu’on se répandît, et qu’on se prodiguât,
Pour être au fond du gouffre appelé renégat !

Marine-Terrace, novembre 1854.

Remarques

Ce poème est la suite de À vous qui êtes là, paru le 28 février 2015 sur ce site. Je vous invite à les écouter l’un à la suite de l’autre, dans l’ordre.

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente un cimetière entouré d'arbres dans lesquels sont nichés des oiseaux (cachés). Une demeure surmonte cet enclos.

XVIII. Les oiseaux

Les oiseaux – Les références

Les contemplationsLivre premier : Aurore ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor HugoPoésie II, p 284.

Les oiseaux – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Les oiseaux, un poème des Contemplations, Aurore, de Victor Hugo.
Il est précédé de XVII. À M. Froment Meurice et suivi de XIX. Vieille chanson du jeune temps.

Les oiseaux


Les oiseaux – Le texte

XVIII
Les oiseaux


Je rêvais dans un grand cimetière désert ;
De mon âme et des morts j’écoutais le concert,
Parmi les fleurs de l’herbe et les croix de la tombe.
Dieu veut que ce qui naît sorte de ce qui tombe.
Et l’ombre m’emplissait.

Autour de moi, nombreux,

Gais, sans avoir souci de mon front ténébreux,
Dans ce champ, lit fatal de la sieste dernière,
Des moineaux francs faisaient l’école buissonnière.
C’était l’éternité que taquine l’instant.
Ils allaient et venaient, chantant, volant, sautant,
Égratignant la mort de leurs griffes pointues,
Lissant leur bec au nez lugubre des statues,
Becquetant les tombeaux, ces grains mystérieux.
Je pris ces tapageurs ailés au sérieux ;
Je criai : — Paix aux morts ! vous êtes des harpies.
— Nous sommes des moineaux, me dirent ces impies.
— Silence ! allez-vous en ! repris-je, peu clément.
Ils s’enfuirent ; j’étais le plus fort. Seulement,
Un d’eux resta derrière, et, pour toute musique,
Dressa la queue, et dit : — Quel est ce vieux classique ?

Comme ils s’en allaient tous, furieux, maugréant,
Criant, et regardant de travers le géant,
Un houx noir qui songeait près d’une tombe, un sage,
M’arrêta brusquement par la manche au passage,
Et me dit : — Ces oiseaux sont dans leur fonction.
Laisse-les. Nous avons besoin de ce rayon.
Dieu les envoie. Ils font vivre le cimetière.
Homme, ils sont la gaîté de la nature entière ;
Ils prennent son murmure au ruisseau, sa clarté
À l’astre, son sourire au matin enchanté ;
Partout où rit un sage, ils lui prennent sa joie,
Et nous l’apportent ; l’ombre en les voyant flamboie ;
Ils emplissent leurs becs des cris des écoliers ;
À travers l’homme et l’herbe, et l’onde, et les halliers,
Ils vont pillant la joie en l’univers immense.
Ils ont cette raison qui te semble démence.
Ils ont pitié de nous qui loin d’eux languissons ;
Et, lorsqu’ils sont bien pleins de jeux et de chansons,
D’églogues, de baisers, de tous les commérages
Que les nids en avril font sous les verts ombrages,
Ils accourent, joyeux, charmants, légers, bruyants,
Nous jeter tout cela dans nos trous effrayants,
Et viennent, des palais, des bois, de la chaumière,
Vider dans notre nuit toute cette lumière !
Quand mai nous les ramène, ô songeur, nous disons :
« Les voilà ! » tout s’émeut, pierres, tertres, gazons ;
Le moindre arbrisseau parle, et l’herbe est en extase ;
Le saule pleureur chante en achevant sa phrase ;
Ils confessent les ifs, devenus babillards ;
Ils jasent de la vie avec les corbillards ;
Des linceuls trop pompeux ils décrochent l’agrafe ;
Ils se moquent du marbre ; ils savent l’orthographe ;
Et, moi qui suis ici le vieux chardon boudeur
Devant qui le mensonge étale sa laideur
Et ne se gêne pas, me traitant comme un hôte,
Je trouve juste, ami, qu’en lisant à voix haute
L’épitaphe où le mort est toujours bon et beau,
Ils fassent éclater de rire le tombeau.

Paris, mai 1835.

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente un village dans la brume surmonté sur sa gauche d'une sorte de soleil noir (qui est en fait l'arrondi du chapeau d'un champignon).

V. À André Chénier

À André Chénier – Les références

Les contemplationsLivre premier : Aurore ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor HugoPoésie II, p 260.

À André Chénier – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Vieille chanson du jeune temps, un poème des Contemplations, Aurore, de Victor Hugo.
Il est précédé de IV. Le firmament est plein… et suivi de VI. La vie aux champs.

À André Chénier


À André Chénier – Le texte

V
À André Chénier


Oui, mon vers croit pouvoir, sans se mésallier,
Prendre à la prose un peu de son air familier.
André, c’est vrai, je ris quelquefois sur la lyre.
Voici pourquoi. Tout jeune encor, tâchant de lire
Dans le livre effrayant des forêts et des eaux,
J’habitais un parc sombre où jasaient des oiseaux,
Où des pleurs souriaient dans l’œil bleu des pervenches ;
Un jour que je songeais seul au milieu des branches,
Un bouvreuil qui faisait le feuilleton du bois
M’a dit : « Il faut marcher à terre quelquefois.
« La nature est un peu moqueuse autour des hommes ;
« Ô poëte, tes chants, ou ce qu’ainsi tu nommes,
« Lui ressembleraient mieux si tu les dégonflais.
« Les bois ont des soupirs, mais ils ont des sifflets.
« L’azur luit, quand parfois la gaîté le déchire ;
« L’Olympe reste grand en éclatant de rire ;
« Ne crois pas que l’esprit du poëte descend
« Lorsque entre deux grands vers un mot passe en dansant.
« Ce n’est pas un pleureur que le vent en démence ;
« Le flot profond n’est pas un chanteur de romance ;
« Et la nature, au fond des siècles et des nuits,
« Accouplant Rabelais à Dante plein d’ennuis,
« Et l’Ugolin sinistre au Grandgousier difforme,
« Près de l’immense deuil montre le rire énorme. »

Les Roches, juillet 1830.

En contrepoint au poème, une ombre flamboyante dans la nuit se dresse, comme au somment d'une montagne, tel l’œil de Sauron dans "Le Seigneur des anneaux".

Ces âmes que tu rappelles…

Ces âmes que tu rappelles… – Les références

L’Art d’être grand-pèreXIV. À des âmes envolées ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie III, p 823.

Ces âmes que tu rappelles… – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Ces âmes que tu rappelles…, un poème du recueil L’Art d’être grand-père, de Victor Hugo.

Ces âmes que tu rappelles…


Ces âmes que tu rappelles… – Le texte

À des âmes envolées


Ces âmes que tu rappelles,
Mon cœur, ne reviennent pas.
Pourquoi donc s’obstinent-elles,
Hélas ! à rester là-bas ?

Dans les sphères éclatantes,
Dans l’azur et les rayons,
Sont-elles donc plus contentes
Qu’avec nous qui les aimions ?

Nous avions sous les tonnelles
Une maison près Saint-Leu.
Comme les fleurs étaient belles !
Comme le ciel était bleu !

Parmi les feuilles tombées,
Nous courions au bois vermeil ;
Nous cherchions des scarabées
Sur les vieux murs au soleil ;

On riait de ce bon rire
Qu’Éden jadis entendit,
Ayant toujours à se dire
Ce qu’on s’était déjà dit ;

Je contais la Mère l’Oie ;
On était heureux, Dieu sait !
On poussait des cris de joie
Pour un oiseau qui passait.

Ce détail d'un dessin de Victor Hugo représente un homme barbu et chauve, au visage épanoui et facétieux.

IX. Oui, fût-on Homère, il faut rire…

Oui, fût-on Homère, il faut rire… – Les références

Toute la lyreSeptième partie : [La Fantaisie] ;
Collection Bouquins, Robert Laffont, Œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie IV, p 450.

Oui, fût-on Homère, il faut rire… – L’enregistrement

Je vous invite à écouter Oui, fût-on Homère, il faut rire…, un poème du recueil Toute la lyre, de la Septième partie : [La Fantaisie], de Victor Hugo.

Oui, fût-on Homère, il faut rire…


Oui, fût-on Homère, il faut rire… – Le texte

IX


Oui, fût-on Homère, il faut rire ;
Il faut rire, fût-on Caton.
Le bois nous offre Déjanire,
Le pré nous donne Margoton.

Le rire vient des dieux. À Rome
Comme à Pantin, il règne, il est.
Le rire est l’attribut de l’homme,
César riait, Brutus riait.

Jésus souriait. Mais en somme,
Sourire, c’est bien rire un peu.
Et c’est pour cela qu’il est homme,
Et c’est pour cela qu’il est Dieu.

Le bois nous offre Déjanire,
Le pré nous donne Margoton.
Oui, fût-on Homère, il faut rire,
Il faut rire, mon cher Caton.